Mazda se démarque dans l’histoire de l’automobile. Alors que Toyota, Honda et Nissan dominaient les ventes, Mazda a suivi une voie différente : construire des voitures pour le fait de conduire elle-même. Cette philosophie a culminé avec le RX-7, un véhicule qui a défié les tendances de l’industrie et qui suscite désormais un culte. Son histoire n’est pas seulement une question de performance ; il s’agit d’un engagement de plusieurs décennies en faveur d’une technologie de moteur que tout le monde a abandonnée.
La révolution des voitures de performance au Japon
À la fin des années 1970 et au début des années 1980, les constructeurs automobiles japonais se sont lancés dans une course pour définir le paysage des performances du pays. Alors que beaucoup recherchaient des moteurs plus gros et un turbocompresseur, Mazda a adopté une approche à contre-courant. Ils ont reconnu que la puissance brute n’était pas leur force ; l’efficacité et l’agilité étaient. Leur réponse : le moteur rotatif Wankel.
Pourquoi le Rotary ? Un pari à contre-courant
Les constructeurs automobiles comme GM et Mercedes détenaient autrefois des licences Wankel, mais les ont abandonnées en raison de l’économie de carburant, des émissions et de l’usure notoire des joints d’apex. Mazda n’a pas ignoré ces problèmes ; au lieu de cela, ils ont doublé leur mise. La taille compacte du moteur rotatif, son rapport puissance/poids élevé et l’efficacité de son emballage constituaient des avantages indéniables. Pour une entreprise ne disposant pas des ressources nécessaires pour une course aux armements traditionnelle en V8, c’était le choix logique.
Il ne s’agissait pas d’être différent pour le plaisir ; il s’agissait de tirer le meilleur parti de ce qu’ils avaient. D’autres fabricants ont vu le potentiel du rotatif mais n’avaient pas la vision à long terme pour le développer. Mazda a traité ses prétendus passifs comme des points forts.
L’héritage de l’engagement
L’engagement de Mazda a commencé en 1965 avec le moteur rotatif 10A. Au cours des trois décennies suivantes, ils ont affiné la technologie à chaque génération, pour aboutir au FD RX-7. Chaque itération n’était pas seulement une amélioration ; c’était une étape délibérée vers une machine plus performante et raffinée. Ce n’était pas accidentel : c’était le résultat d’un engagement institutionnel envers une technologie que tout le monde rejetait.
Le FD RX-7 : une voiture de conducteur avant tout
Le FD RX-7 de troisième génération incarnait la philosophie de Mazda. Pesant environ 2 300 livres, avec un moteur à double rotor monté bas et derrière l’essieu avant, c’était une machine légère et équilibrée. Aucun moteur à pistons comparable ne pourrait égaler son rapport puissance/poids ou son efficacité d’emballage.
L’ingénieur en chef Takaharu « Koby » Kobayakawa a abordé le FD en tant qu’artiste plutôt qu’ingénieur. Il souhaitait construire une voiture qui procure un « épanouissement émotionnel », un concept rarement entendu dans le développement automobile. Le FD n’était pas une question de vitesse maximale ; il s’agissait de sentiment.
Malgré la puissance (255 ch) et le couple (217 lb-pi) les plus faibles de la « Holy Trinity » japonaise (Supra, GT-R, NSX), le châssis léger et la suspension parfaitement réglée de la FD lui ont permis de se sentir vivant dans les virages où ses rivales avaient du mal. Le matériel promotionnel de Mazda décrivait le FD comme donnant l’impression de « bouger un muscle », et il a tenu cette promesse.
Rareté, coût et attrait moderne
Le FD RX-7 n’a été vendu aux États-Unis que pendant trois ans (1993-1995), avec seulement 13 879 unités vendues. En 1995, seuls 500 exemplaires étaient vendus aux États-Unis. Cette rareté fait grimper les prix aujourd’hui, avec des exemples propres dépassant largement leur PDSF initial de 32 500 $ à 33 925 $.
La propriété exige de la diligence. Les moteurs rotatifs nécessitent des tests de compression, un entretien du joint apex et des reconstructions complètes occasionnelles. Il ne s’agit pas d’un achat occasionnel ; c’est un engagement.
L’héritage durable du RX-7
Le FD RX-7 est bien plus qu’une simple nostalgie. Toyota a relancé la Supra, Nissan la GT-R et Honda la NSX, mais Mazda n’a jamais construit de successeur. La tentative la plus proche, le RX-8, a également échoué. Le moteur rotatif existe désormais comme prolongateur d’autonomie dans le MX-30, mais il lui manque l’expérience viscérale du FD.
La formule du FD – RWD, coupé sport à moteur rotatif de moins de 3 000 livres – n’existe plus. Cette lacune du marché alimente son attrait au-delà de la sentimentalité. Le FD RX-7 est une pure expérience de conduite dans un monde de voitures de plus en plus aseptisées.
Posséder un FD n’est pas seulement un passe-temps ; c’est un style de vie. Si vous êtes prêt à accepter les bizarreries et les sensations fortes, vous découvrirez une sensation de conduite que peu de gens connaîtront jamais. Mazda a construit ce coupé sport pour prouver son point de vue, et trente ans plus tard, son argument n’a fait que devenir plus convaincant.
